CHAÎNE DE PRIÈRE

Chaîne de prière pour le mois missionnaire extraordinaire 2019 par l’intercession du bhx Maurice Tornay
#PRAYFORMISSION-BHX-MT

Réalisée par le concours des séminaristes diocésains de la Maison des séminaires à Givisiez, des chanoines du Grand-St-Bernard et la fondation du bienheureux Maurice Tornay, envoyé à 228 personnes durant le mois d’octobre 2019.

Prières finales disposées sur un cycle de trois jours :


  1. Prière du mois missionnaire 

    Notre Père, Ton Fils Unique Jésus-Christ ressuscité d’entre les morts a confié le mandat d’«aller et de faire des disciples de tous les peuples». Tu nous rappelles que par le baptême nous participons tous à la mission de l’Église.
    Par les dons de Ton Saint-Esprit, accorde-nous la grâce d’être des témoins de l’Évangile, courageux et ardents, pour que la mission confiée à l’Église, encore bien loin d’être réalisée, puisse trouver des expressions nouvelles et efficaces qui apportent au monde la vie et la lumière.
    Aide-nous à faire en sorte que tous les peuples et toutes les personnes puissent rencontrer l’amour salvifique et la miséricorde de Jésus-Christ, notre Seigneur et notre Dieu, qui vit et règne avec Toi, dans l’unité du Saint-Esprit, aujourd’hui et pour les siècles des siècles. Amen.

  1. Oraison au bienheureux modifiée :

    O Dieu, qui as enflammé de zèle apostolique le bienheureux Maurice et en as fait un courageux martyr de la foi pour qu’il portât la lumière de l’Évangile aux peuples de la Chine et du Tibet; nous te supplions de nous accorder, par ses mérites et son intercession, d’être nous aussi de vrais témoins de l’Évangile et d’authentiques disciples missionnaires pour le monde d’aujourd’hui, afin de participer un jour à sa gloire dans les cieux.
    Par notre Seigneur Jésus-Christ, ton Fils, qui règne avec Toi et le Saint-Esprit, pour les siècles des siècles. Amen.

  1. Prière pour l’évangélisation de nos paroisses dusecteur d’entremont modifiée :

    Seigneur Jésus, Tu as posé ta main sur nous et Tu nous conduis. Tu es vivant aujourd’hui dans Ton Église, Tu es présent dans nos familles et dans nos paroisses. Fais grandir en nous le désir de Te connaître. Mène-nous à une vraie conversion du cœur. Donne un nouvel élan missionnaire à nos diocèses. Que nos familles puissent être des foyers de prière et de pardon. Que dans nos maisons règnent la paix et la joie. A l’intercession du bienheureux Maurice et de tous les saints missionnaires, garde-nous de tout découragement et fais-nous croire à ta victoire en toutes choses. Amen.

Au fil des jours

Jour 1

Tu verras Anna, oui, tu verras, je serai martyr», ces mots prononcés par Maurice Tornay (1910-1949) à sa petite sœur résonnent en nous comme une prophétie. Il est âgé d’à peine 10 ans et leur maman Faustine vient de leur raconter le martyre de sainte Agnès à Rome. Maurice a compris qu’Agnès a aimé Jésus plus que tout, à 100% ! Elle a choisi de donner sa vie pour Jésus, jusqu’à la dernière goutte de son sang. Maurice est alors illuminé par ce poids d’amour. Il comprend une facette de sa vocation. Dieu parle, il nous accompagne et a déjà fait de même avec nous…


Ce matin, le bienheureux Maurice nous éveille avec la fougue de sa jeunesse, à l‘exigence de la vie chrétienne en nous confiant : «Je me fais un devoir de tout employer pour la gloire de Dieu». Sans tomber dans un volontarisme qui ne laisserait plus de place à Dieu, marchons à sa suite en essayant de nous appliquer à ce que toutes nos actions soient dirigées vers le ciel, comme celles de ce jeune Orserain lorsqu‘il levait la tête vers les montagnes, ou lorsqu’il aidait ses parents et ses frères et sœurs par amour de Jésus.


Confions toutes nos familles, et tous les jeunes de la terre à notre maman du ciel, afin qu’elle nous aide à vivre de notre baptême et à nous sentir envoyés en mission pour le Christ dans ce monde : Je vous salue Marie...

Vitrail


Vitrail du bhx Maurice à la maison St-Bernard

Jour 2

C’est le 31 août 1910 que naît Maurice Tornay à la Rosière, hameau de la commune d’Orsières, situé en plein soleil sur les pentes de la route menant au col du Gd-St-Bernard. 7ème et avant-dernier enfant d’une famille paysanne modeste, Maurice est volontaire et travailleur, d’une intelligence rapide, batailleur, bouillant parfois colérique, appliqué et pieux. A 12 ans, suite à des problèmes de personnel estival, il se porte volontaire comme berger à l’alpage des Crêtes à 2 heures à pied de la maison familiale. Cette vie rude lui plaît. Il décide de se confesser désormais une fois par semaine !


La première vocation c'est la sainteté, Dieu t'appelle à vivre avec Lui pour aimer ! Pour réaliser cette vocation toute première, il en appelle certains à faire le choix radical d'une vie consacrée à Lui. Totalement.(à 100%) Maurice a accepté de partir loin de son Valais si cher à son cœur pour suivre Jésus jusqu'aux confins de l’Himalaya ! Laisse-toi déplacer par Dieu en écoutant Maurice te dire aujourd'hui : "Je prie pour que Dieu fasse pousser le germe de ta vocation vraie". Avec le bienheureux Maurice, tu peux, à ton tour, donner cette parole à un ami et prier pour lui.


Confions tous les jeunes qui cherchent leur vocation; qu’ils découvrent la mission pour laquelle Dieu les a envoyés sur cette terre : Je vous salue Marie...

Portrait à 15 ans


Maurice Tornay à 15 ans.

Jour 3

Des 6 années de collège de Maurice Tornay à l’abbaye de St-Maurice - de 1925 à 1931 – nous avons retrouvé 36 documents, dont la majorité sont des lettres à sa famille et à des amis, ainsi que des petites publications de collégien. On l’y croise à un pèlerinage à Lourdes en mai 1930, avec sa foi vivante, dynamique et entraînante : «Je ris à perdre le souffle, avec une vieille demoiselle qui était à la cure cet été, avec Louise et le Vicaire, mais rire, comme on appelle rire ! Le reste du temps, donc, je me convertis.»


Aujourd’hui le bienheureux Maurice nous donne ce conseil de sagesse : «Ce n’est pas à la pierre de choisir sa place, mais au maître de l’œuvre qui l’a choisie.» Ne sommes-nous pas si souvent statiques et inertes comme cette pierre ? Alors laissons-nous transporter de bon cœur par le Créateur: Lui sait la place qui fera de nous de vrais témoins de son amour. Ainsi Il édifiera le Royaume avec nous sur cette terre.


Le Pape François nous rappelait hier que «Personne n‘est exclu de la mission de l‘Eglise». Que l‘Esprit-Saint vienne éclairer tous les hommes afin que chacun puisse trouver sa place de missionnaire dans le beau projet de Dieu pour son Église; Je vous salue Marie...

Etudiant


Maurice en membre de la société des étudiants suisses.

Jour 4

Mardi 4 mars 1930 à 14 h 30 a lieu au théâtre de St-Maurice la représentation en spectacle de Knock ou le triomphe de la médecine, pièce en 3 actes de Jules Romain, suivie par Le Client sérieux, comédie de Georges Courteline, le tout joué par des étudiants de l’Agaunia, section de la société des étudiants suisses du Collège. Maurice fait partie du casting des deux pièces de théâtre. Jeune chrétien parmi les hommes, il y vit, se donne et manifeste ainsi la beauté de la vie au quotidien. C’est sa manière de vivre l’apostolat des laïcs dans le monde.


Aimons-nous ! Prions les uns pour les autres." Ce cri du cœur du bienheureux Maurice Tornay nous rappelle combien la prière et la charité fraternelle sont essentielles à la mission : comment annoncer le Christ en vérité si nous cautionnons ou alimentons des divisions, des critiques stériles ? Cet amour pour nos frères qui déborde dans la mission ne peut venir que du Sacré-Cœur de Jésus, et y retourner. La prière devant le Saint-Sacrement non seulement nous unit aux missionnaires mais elle rend nos coeurs disponibles pour la mission. Et quelle joie ensuite de confier ensemble à Jésus tous ceux qu'Il nous a donnés de rencontrer pendant les différents temps d'évangélisation !


Confions tous les missionnaires, prions pour que les communautés paroissiales soient vraiment missionnaires sous le regard de Marie : Je vous salue Marie...

Vitrail


Affiche du théâtre de l’époque

Jour 5

«Mon livre d’histoire est ouvert devant moi. En attendant le professeur, je feuillette ma leçon. Il s’agit des guerres civiles à Rome vers 100 avant Jésus-Christ (…) Mais que m’importent ces fameux personnages ? Je préfère observer mes contemporains et esquisser leur physionomie sur cette page blanche…» et Maurice décrit les traits de ses camarades de classe. Ce don d’observation qu’il utilise parfois pour agacer, il va progressivement le mettre au service de l’homme et de l’évangélisation. 


Ce matin, le bienheureux Maurice nous confie le fond de son élan missionnaire : «Je veux faire la seule volonté de Dieu.»
Ne faire que la seule volonté de Dieu, c’est m’accorder avec le désir le plus intime de Dieu pour moi. C’est être plongé tout entier dans le cœur qui brûle en lui et dans sa divine lumière. C’est recevoir de son immense désir, si pur, si ajusté, le désir qui sera pour moi le moteur de toutes mes actions. C’est ne plus faire qu’un avec le créateur de tout, dans l’Amour. Oui mon Dieu, je ne veux faire que ta seule volonté, et être unis à toi dans la mission que tu veux me confier, car alors, tu me donneras de porter un fruit qui demeure...


Donne-nous la grâce, sainte vierge Marie, de pouvoir discerner les signes de notre temps et percevoir les périphéries de notre monde qui ont le besoin le plus urgent de connaître ton Fils. Je vous salue Marie...

Vitrail


Maurice à l’époque de son collège.

Jour 6

«Pour correspondre à ma vocation qui est de quitter le monde, et de me dévouer complètement au service des âmes afin de les conduire à Dieu, et de me sauver moi-même, je viens avec la plus sincère humilité vous demander, Monseigneur, de m’accepter comme novice en votre maison du Grand-St-Bernard (…) J’espère être admis ; et je vous promets, Monseigneur, la plus grande volonté de me dépouiller de moi-même et de devenir une prêtre de Saint Augustin_ ». Maurice a 21 ans, il est décidé, il se donne lui-même.


Les pauvres, les malades courent à Jésus qui les guérit pour un nouveau départ : «va, ta foi t’a sauvé.» Mais pour aller où ? Jésus est « le chemin », avec des étapes : à la messe ou à l’adoration, dans la rue pour évangéliser...
Donner sa vie à Jésus, c’est Le laisser porter ce qui est lourd : « mon joug est facile à porter et mon fardeau léger».


Prions pour toutes les personnes qui ont un poids à porter trop lourd pour leurs petites épaules, à cause de la maladie, des épreuves ou de la vieillesse; qu’ils mettent leur fierté dans leur faiblesse afin que la puissance du Christ fasse en eux sa demeure (1Co12,9). Je vous salue Marie...

Vitrail


Maurice en veston et chapeau le masquant les yeux, août 1931, juste avant son noviciat.

Jour 7

«Avant d’entrer, je me disais : “Tu seras un peu prisonnier, dans les murs, au sommet d’une montagne“ ; et je n’ai jamais été si libre. Je fais ce que je veux, je peux faire tout ce que je veux, car la volonté de Dieu m’est exprimée à chaque moment, et que je veux faire cette seule volonté. (…) Je vous remercie du fond du cœur. Je prie Dieu de vous rendre heureux, vous sans qui je ne serais moi-même pas si heureux, et de nous réunir tous, bientôt dans notre vraie patrie… ». Après 2 mois de vie religieuse, Maurice aime son quotidien avec passion, secret du bonheur et de la rencontre de Dieu.


« Vis dans la joie. Dis souvent pendant le jour à Dieu que tu l’aimes. » Pourquoi ? Parce que Dieu t’aime, non pour ce que tu fais, non pour ce que tu es, mais parce que tu es. Et Son amour est de tous les instants... alors que notre mémoire est si oublieuse ! Dis souvent à Dieu que tu L’aimes pour te souvenir combien Il t’aime. Dis souvent à Dieu que tu L’aimes pour te souvenir qu’Il trouve sa joie dans cet amour. Dis souvent à Dieu que tu L’aimes, car répondre à Son amour par le tien, c’est entrer dans la joie de ton maître (Mt 25,23).


Aujourd’hui, en la fête de Notre Dame du rosaire, arrêtons-nous un instant de notre journée pour prier une dizaine d’un chapelet pour que notre Église devienne vraiment missionnaire dans toutes ses fibres : Notre Père...
Je vous salue Marie... (10x) Gloire au Père...

Séminariste


Maurice jeune séminariste.

Jour 8

« A toute la chère maisonnée, Je viens avec le printemps vous apporter mes souriantes salutations ; j’entre dans la chambre où je vous trouve réunis ; et comme ce rayon que vous voyez se jouer sur les carreaux de la fenêtre, je voudrais mettre un peu de soleil dans vos cœurs, un peu de ce bon soleil du Bon Dieu qui fait les roses de l’été. Ce sera maman qui ouvrira ma lettre ; et à elle la première, je dis un particulier bonjour. La première, je l’invite à se réjouir parce que ce sera elle qui plaira le plus au bon Dieu. (…) parce que tu souffres (…) tu offres tes souffrances (…) tu les offres de bon cœur (…) » (lettre à sa famille du 10 avril 1932) Joie, réalisme spirituel, profondeur et joie.


Ce matin, le bienheureux Maurice nous rappelle combien la sainteté ne s’obtient pas en comptant sur nos propres forces: « Faites de moi un saint par vos prières et vos sacrifices. » Saint ? Oui ... mais pas tout seul : en Église !
C’est bien cela que nous confessons dans le Credo : « je crois à la communion des saints ». Et la communion des saints c’est l’Église qui rassemble tous les fidèles du Christ, ceux qui sont pèlerins sur la terre, les défunts qui achèvent leur purification et les bienheureux du ciel. Dans cette communion d’amour, Dieu veut que nous nous aidions les uns les autres pour avancer dans nos chemins respectifs de sainteté. Alors Dieu écoute nos prières. Il agrée les sacrifices (aussi humbles soient-ils !) que nous offrons à l’intention de ceux qui comptent sur nous pour devenir des saints ! Car ce que nous faisons dans l’Esprit de charité du Christ porte du fruit pour TOUS ! Que cela nous encourage à faire de notre vie un véritable ministère de sainteté au service de nos frères et sœurs en humanité !


Prions, ou offrons un sacrifice aujourd’hui pour une personne de notre entourage, afin que par l’intercession de la sainte Vierge elle devienne sainte : Je vous salue Marie...

Orchestre


Orchestre philarmonique d’outils de laiterie, joies de l’été 1933 à l’alpage de la Pierre.

Jour 9

«Nous sommes jeunes, nous avons 20 ans. Nous aimons le Bon Dieu, nous n’avons rien à craindre de la mort, soyons joyeux. Chacune de nos lettres vieillit avant de recevoir sa réponse ; mais pour nous venger, que chacune d’elle soit le point de départ d’une vie plus belle et plus généreuse. (…) Car il nous faut nous hâter (...) Il faut nous dépêcher, à notre âge d’autres étaient saints. Car si la tige fleurit trop longtemps, le fruit ne peut mûrir avant le froid et la mort. Et il y en a tant qui nous crient, tant de pécheurs, tant de païens qui nous appellent ; nous voulons leur répondre, n’est-ce pas ?» (3 décembre 1993)


« Nous n’avons rien à craindre de la mort, soyons joyeux.» Le bienheureux Maurice nous remet les idées en place sur la vie et la mort. Ce qui comptera au moment de passer de ce monde au Père, ne serait-ce pas d’avoir bien vécu, plus que de bien mourir ? Le Seigneur est venu pour que nous ayons la vie en Lui, et dès maintenant. Alors utilisons tout, même la pensée de la mort, pour nous presser à Le rejoindre en tout par la charité. Et concentrons-nous sur notre mission, la relation aux autres et à Dieu, ce qui est important dans notre marche vers la sainteté ! Et on remarquera très vite que tout ça nous rend joyeux !


Prions pour tous ceux qui se savent proche de leur fin, qu’ils vivent et partent en paix. Je vous salue Marie...

Hospice


Hospice, automne 1932, au revoir aux missionnaires qui partiront pour le Tibet en janvier 1933

Jour 10

«Je sais que je trouverai papa qui n’est pas bien, et maman qui souffre ; et malgré tous les livres que j’ai lus, je suis impuissant à vous secourir : je ne puis pas faire que vous soyez bien-portants, et personne au monde plus que moi. Allons-nous désespérer ? Ah ! bien non, n’est-ce pas ? Nous croyons en Dieu (…) que lui seul peut encore tout. Et nous sommes certains que s’Il nous laisse geindre, c’est pour un bonheur qu’il nous accordera bientôt.» (25 janvier 1935) Maurice est hospitalisé à Lausanne de janvier à mars 1935. Il se fait opérer d’un ulcère du duodénum. Il expérimente la souffrance physique. La même année, pour se préparer à la Mission au loin, il fait de rapides études d’infirmier chez le docteur Clément à Fribourg.


"Pars en riant dans les creusets de l'amour et du sacrifice." L'attitude qui nous est suggérée ici par le bienheureux peut nous rappeler les premiers martyrs qui donnaient leurs vies en chantant et en louant le Seigneur. Maurice lui-même aura été au bout du sacrifice en mourant martyr. Cela nous incite à renouveler sans cesse notre confiance en Dieu en lâchant prise dans un abandon libre et charitable. Le cœur léger et riant, nous pourrons ainsi mieux aimer et porter plus de fruits !


Confions toutes les personnes qui ont la mission d’accompagner des personnes souffrantes; qu’elles puissent apporter quelque chose de la joie et de l’espérance de Dieu autour d’elles. Je vous salue Marie...

Fribourg


Maurice à Fribourg, sur le pont de Zaehringen, durant ses études d’infirmier, 1935.

Jour 11

Le 8 septembre 1935, Maurice s’engage définitivement chez les chanoines. Le 10 octobre de la même année, il est au sommet du col du Sonadon (3590 mètres), entre la cabane de Chanrion et le Grand-Combin. C’est un pur moment de bonheur qu’il savoure d’autant plus que c’est la dernière fois qu’il y va et il le sait. Il est accepté pour partir en mission et c’est le temps des détachements. A titre de comparaison, il dira plus tard, au Yunnan : «Je me sens heureux dans ce pays des ours, heureux comme au Sonadon».


Ce matin, le bienheureux Maurice nous exhorte et nous presse dans une lettre écrite à sa sœur alors qu’il avait 20 ans : «Il faut nous dépêcher, d’autres à notre âge étaient déjà saints !» Maurice n’a pas attendu la veille de sa mort brutale pour se convertir ! Sa mort fut le sommet, la cime d’une vie donnée, qui peut et doit commencer maintenant, qu’elle que soit ton âge. Se convertir c’est se retourner et regarder dans une nouvelle direction, bien souvent opposée à l’esprit du temps, au conformisme ambiant. Mais cette direction opposée n’est pas un lieu, c’est une Personne : c’est Jésus-Christ, notre Ami et notre Rédempteur. Donner sa vie pour l’Amour, c’est donner tout son sens à sa vie. Car aimer vraiment, c’est mourir pour l’autre.


Prions avec saint Jean XXIII, dont c‘est la mémoire aujourd‘hui, pour le renouveau de nos paroisses, afin que tous les baptisés sachent lire les signes des temps pour annoncer la Bonne Nouvelle de l’Evangile là où le Seigneur le voudra. Je vous salue Marie...

Col du Sonadon


Au sommet du col du Sonadon, en arrière-plan le Cervin et le Mont-Rose

Jour 12

Maurice écrit au chanoine Lucien Gabioud : «Quelle serait ma situation si je restais au pays ? une petite vie bien tranquille, un poste au Grand-Saint-Bernard ou ailleurs, vicaire ou curé de paroisse. Beaucoup d’autres y ont trouvé le chemin de la sainteté. Mais moi, vous savez… Il me faut d’autres stimulants pour sortir de l’ornière». A son frère Louis «Pour devenir quelqu’un, il faut que je m’en aille. Ici je viendrai chez vous. (…) je serai cajolé d’un côté, cajolé de l’autre et avec cela on ne fait rien de bon. Je dois partir, parce qu’il est plus facile loin de sa famille, de travailler à sa sanctification». En février 1936, Maurice va partir en mission.


Aujourd’hui, Maurice nous témoigne : «Je suis plein d’enthousiasme pour la vie que Dieu me réserve.» Se demander ce que l’on va faire de sa vie, c’est légitime. Qui voudrait d’une vie triste et monotone ? Même si l’on veut prévoir l’avenir, s’assurer que tout sera sous contrôle, il faut reconnaitre que certains évènements nous échappent et que tout ne se passe pas selon nos plans. Quel est le plan de Dieu pour moi ? Quelle vie me réserve-t-il ? Une vie de bonheur c’est certain, et il faut accepter de lui laisser les commandes, de se laisser surprendre joyeusement par les rencontres et les situations qui se présentent à nous, mais cela implique d’aller à la rencontre, de sortir de chez soi et de s’intéresser aux autres.


Prions pour tous ceux qui cherchent leur place dans notre société, étant situés en marge, comme par exemple les jeunes ou les personnes qui doivent changer de pays contre leur volonté. Je vous salue Marie...

Sa soeur Anna


Les adieux à sa petite sœur Anna, Sr Jeanne-Hélène, des sœurs de la charité de Ste Jeanne Antide.

Jour 13

Lors du départ de la Rosière, deux de ses sœurs accompagnent Maurice jusqu’au-dessus du village d’Orsières, ça discute. «Et que feras-tu lorsque tu n’auras plus personne pour t’aider ?» Il entonne alors le Magnificat : Mon âme exalte le Seigneur, mon esprit exulte en Dieu mon sauveur, il s’est penché sur son humble servante, désormais tous les âges me diront bienheureuse…_ Ses deux sœurs se mettent à sangloter, Maurice est en paix. Il passe par Martigny et rejoint Marseille en train. Le 26 février 1936, à trois missionnaires, ils embarquent pour le lointain Tibet.


Aujourd’hui le bienheureux Maurice nous invite à la profondeur du cœur : «Quand on a tant fait, tant essayé, il nous reste encore la prière.» Il nous faut nous dépenser pour répandre le nom de Jésus mais tout ce que nous faisons doit s’enraciner dans la prière. Prier, c’est établir le contact avec le Seigneur, communier à Son cœur et à Son amour. La prière redonne du sens aux choses, nous libère de l’agitation et de la superficialité. Elle nous donne la joie, elle fait porter du fruit à tous nos gestes et nos paroles, elle ouvre une porte dans les situations difficiles. Ayons à cœur de prier, et Dieu nous donnera des ailes, celle de l’Esprit-Saint.


Prions pour que le Seigneur nous donne à tous un cœur de prière. Prions pour que tous ceux et celles qui ont à répandre la bonne nouvelle de Dieu soient des êtres enracinés dans l’oraison et l’intercession. Et osons confier toutes nos situations difficiles à Jésus et à notre maman du ciel. Je vous salue Marie...

Col du Sonadon


Embarquement sur le pont-arrière des chanoines Maurice Tornay, Frère Nestor Rouiller et Cyrille Lattion, Marseille.

Jour 14

«Notre bateau est blanc et rouge. Son nom André Lebon (161,30 sur 18,80m). Etage supérieur : cabines de 2e classe : les nôtres. Ce sont d’étroites chambrettes au plancher et au plafond en fer, aux parois en bois. Chacun a sa lucarne. C’est une vitre très épaisse et ronde, large juste assez pour y passer la tête : on l’ouvre et on la ferme au moyen de deux rivets. Quand il pleut ou il vente, on la tient rigoureusement fermée : une vague suffirait à inonder la cabine... Nous sommes seuls, les trois dans une cabine à cinq places. On y dort mal, parce qu’il fait une chaleur d’enfer. Même maman aurait trop chaud…» (1er mars 1936)


Le bienheureux Maurice nous encourage à vivre notre foi en ce matin : «Il n’y a que la vie de la foi qui compte. Vivons donc notre foi.» La foi est un ensemble de vérités qui nous aide à comprendre la raison des choses, le sens de notre vie. Avoir la foi, c’est croire que Dieu existe. Mais bien plus encore, c’est croire que le Seigneur me chérit comme son enfant bien-aimé. Avoir la foi, c’est faire confiance à la tendresse de Dieu ! Et comment vivre sa foi ? ce n’est pas faire des grandes théories mais agir en nous laissant guider par la main de Dieu. Si nous nous laissons vraiment aimer par Lui, alors nos paroles, nos pensées et nos actes s’en trouveront transformés, comme bénis par une onction d’amour. Il y aura un parfum de ciel dans toutes nos actions, même dans les petites choses !


Prions pour que notre foi ne soit pas une foi de convenance, une lettre morte, mais un feu qui brûle notre cœur. Seigneur, augmente en nous la foi, que nous ne soyons pas des chrétiens en pantoufles mais en souliers de marche, désireux de porter la Bonne Nouvelle. Je vous salue Marie...

Embarquement


Paquebot André Lebon, ayant assuré la liaison Marseille-Saïgon, du 26 février au 25 mars 1936.

Jour 15

Nous sommes dans ce qu’on appelle une Procure. C’est une maison tenue par des missionnaires, pour les missionnaires de passage. Les missionnaires sont très amusants, sans compliment. Ils entrent chez vous et s’assoient n’importe où, sans vous demander la permission. Ils fument, sans se douter que la fumée puisse vous déplaire. Pour se connaître, suffit de se voir, à peine besoin de se toucher la main : chez eux, on est chez soi ; chez soi, c’est aussi chez eux ; ils nous présentent à fumer, mais ils préfèrent qu’on refuse parce qu’ils n’ont pas trop de tabac. Voilà comme je vais devenir. M’aimerez-vous encore ?... mes prières sont avec vous.» (Hanoï, 27 mars 1936)

Ce matin, le bienheureux Maurice nous fait réfléchir à l’au-delà par son départ en mission à l’autre bout de la terre : «Je sens qu’une vie nouvelle m’attend dans un monde nouveau.» En effet même si les tibétains qu’il a rencontré durant son ministère ne l’attendaient pas forcément explicitement, Quelqu’un d’autre attendait le missionnaire, en préparant les cœurs à la Bonne Nouvelle qui leur parviendrait par Maurice. Ce Jésus qui prépare les cœurs nous a dit (en Jn 14,6) qu’Il est le chemin (pour préparer les cœurs et Le recevoir), la vérité (vers laquelle on tend) et la vie (qu’Il nous donne). Laissons-nous donc transformer par Jésus pour continuer à désirer la vraie vie qui vient de Lui !

Prions pour tous ceux qui cherchent un sens à leur vie et perdent même jusqu’au désir d’une vie meilleure; donne-leur Ton espérance qui ne déçoit pas. Je vous salue Marie...

Fumer


Et voilà comme il est devenu 10 ans plus tard… Fumer permettait de moins sentir la faim, alors tous les missionnaires s’y sont mis. Ici, silence au cours d’une retraite.

Jour 16

«Enfin nous sommes arrivés hier soir. Et personne n’était là pour nous recevoir. Nous avons dû commencer par enfoncer la porte… C’est que les missionnaires Melly et Coquoz avaient dû fuir, devant les communistes… Dans un village où nous avons passé il y a 4 jours, ils avaient si bien pillé, nous ne trouvions rien ni pour nous, ni pour les bêtes ; et puis deux demoiselles protestantes y tenaient une mission ; n’ayant pu saisir que leur domestique, ils l’ont brûlé à petit feu ! il n’était pas encore mort à notre arrivée… Quant aux missionnaires, ils aiment à les capturer, espérant les rendre contre de fortes rançons.» (Weisi, 9 mai 1936) Mise au parfum des conditions de vie en mission, après 3 mois de voyage.


«En Dieu, on se rapproche.»
On n'approche pas Dieu comme on approcherait une personne célèbre. C'est Dieu qui s'approche de nous. Ainsi personne ne peut vraiment aimer Dieu s'il n'accepte pas de se laisser envahir par Sa présence. Le bienheureux Maurice, comme augustinien, connaissait certainement la prière de St Augustin : «Que je te connaisse comme que tu me connais, comme je suis connu de toi.»


Seigneur, donne moi la grâce, par l’intercession de ta maman Marie, d'entrer dans l'intime de moi même ; là où habite ta présence. Ainsi je serai vraiment établi en toi ! Je vous salue Marie...

Weisi


La résidence de Weisi, centre de la mission des chanoines du Gd-St-Bernard de 1932 à 1952

Jour 17

Maurice travaille conjointement en 1936-37 la théologie, sous la direction de son confrère Cyrille Lattion, ainsi que les langues locales que sont le chinois (mandarin) sous la direction d’un vieux professeur protestant, et le tibétain. Il brûle intérieurement d’ardeur pour annoncer l’évangile. Il écrit à ses confrères : «Dites-moi, n’aimeriez-vous pas… faire surgir des clochers, couvrir le tonnerre des fleuves par celui des cantiques et mourir inconnus et ridicules, dans la nuit d’un village… Voilà le pain qui nous attend…. Il se pourrait aussi que l’on courre sans résultat… mais courir pour Dieu est une œuvre morale assez grande et assez belle en elle-même, pour se passer de résultat, si la chose était possible.» (Hospice de Latsa, 19 septembre 1936)


Ce matin, le bienheureux Maurice offre à notre méditation cette phrase radicale : «A part servir Dieu, vraiment rien ne vaut rien, rien, rien.» L’homme, créé par Dieu, a vocation de retourner à Dieu qui est sa fin. En chemin sur cette terre, il faut nous habituer à orienter toutes nos énergies vers notre fin. Pour cela, servons Dieu par toute nos actions en les orientant toute vers le ciel. Il suffit d’offrir toutes les petites joies et les petites peines au Bon Dieu pour faire de notre vie un service rendu à Dieu.


Prions pour ceux qui ont des difficultés dans leurs études ou dans leur travail et qui n’en voient pas le sens; que le Seigneur vienne orienter leur vie vers le Royaume. Je vous salue Marie...

Maison des ouvriers


Maison des ouvriers, en arrière-plan fondations de l’Hospice de Latsa, octobre 1936.

Jour 18

«Mon cher Louis, ton frère est prêtre depuis ce matin. Ce que nous attendions depuis 14 ans est arrivé… Je te bénis, je bénis Louise et tous vos enfants, de toute mon âme. Après-demain, je dirai la messe pour tous les miens. Toutes vos larmes, toute notre douloureuse séparation sera là, sur l’autel, avec le Christ immolé ; et de mes deux mains, j’offrirai cela au Bon Dieu, pour notre salut. Non, je ne sache rien de plus beau. Je suis seul, mais je suis très heureux…» (Hanoï, 24 avril 1938). En février Maurice termine ses études de théologie. Avec Bob Chappelet, laïc missionnaire avec eux, ils font seize jours de voyage pour arriver à Hanoï au Vietnam, afin de se faire ordonner par Mgr François Chaize, l’évêque le plus proche.


Ce matin, nous méditons sur cette phrase que nous avons déjà entendue hier : «Courir pour Dieu est une œuvre assez belle en elle-même pour se passer de résultat» Courir c’est aller de l’avant vers un but. Au pied de la montagne on ne voit pas le sommet. Le chrétien ne sait pas tout ce qu’il rencontre sur le chemin. Il suit le chemin sur la carte de la Parole de Dieu , il suit les traces de guides - comme les saints - et il avance comme un membre de la cordée de l’Amour qui l’assure, le nourrit et l’accompagne dans les joies et les peines. Le résultat : chacun arrive au sommet adapté à sa vocation. Il apporte le fruit du talent que Jésus lui confie.


Envoie la lumière de ton Esprit pour que ceux et celles que tu appelles à une montée un peu plus raide aux yeux des hommes - la vie sacerdotale, religieuse ou missionnaire comme celle de Maurice Tornay - de reconnaître ta volonté et de te suivre dans la confiance et la joie. Je vous salue Marie...

Chapelle des Rédemptoristes


Chapelle des Rédemptoristes à Hanoï, où Maurice Tornay a été ordonné prêtre.

Jour 19

C’est le 7 juillet 1938 que Maurice Tornay célèbre sa première messe solennelle à Siao Weisi. Pour l’occasion les missionnaires des alentours sont tous venus. De cette fête, il reste le ts’ai ou inscription honorifique qui était suspendue à la galerie de la mission : «Au Père Tornay, en souvenir de sa glorieuse promotion : longue vie, vertu éminente. Ses vieux amis, Melly, Coquoz, Lattion, Duc, Rouiller, Chappelet, qui le félicitent d’un cœur unanime. Le six du sixième mois de l’an vingt-sept de la République chinoise.»


Ce matin, Maurice nous stimule en nous invitant à la mission avec ce beau moyen qu’est l’humour : «J’aime dire la vérité en riant». Voici donc avec un sourire pourquoi le christianisme n’est pas une religion parmi les autres, mais la religion absolue valable pour tous les hommes ! C’est parce que le christianisme est d’abord un événement, indépassable et insurpassable : la communication totale et définitive que Dieu fait de lui-même, dans le Christ, à toute l’humanité.


Confions à la Vierge Marie tous ceux qui recherchent la vérité; chère maman du ciel, guide-les tendrement vers ton Fils, qui est le Chemin, la Vérité et la Vie. Je vous salue Marie...

Longue vie vertu eminente


ts’ai de première messe écrit en caractères chinois. Les mots en orange signifient : LONGUE VIE VERTU EMINENTE

Jour 20

Dans une lettre à son confrère le chanoine Detry, pilote d’avion, Maurice lui demande : «Viendrez-vous avec nous ? Et l’avion ? Je ne crois pas qu’il nous rendrait les services espérés. (…) Ne vous découragez pas . Lequel préférez-vous : «voler» ou «prêcher» ? Je vous vois plutôt dans la poussière, frapper de maison en maison. N’est-ce-pas que ce travail est beau : sentir les corps malades, parler à ceux qui ne plaisent pas, convaincre les sourds, gagner une à une les âmes, ne pas pouvoir dire «j’ai converti tant».


«Ne pas briller aux yeux des hommes mais jeter des âmes dans le Ciel.» Maurice n’a pas quitté sa famille, sa communauté, son pays pour rechercher une gloire passagère mais pour suivre concrètement Celui qui l’a appelé à devenir Son disciple. Il poursuit sa missive : «Si je ne me trompe, c’est là, la «voie» du Christ. Si vous l’aimez, vous la suivrez. Vous vous trouverez, le soir, à coucher dans des forêts, seul, seul priant, parmi beaucoup de monde. Vous entrerez dans les taudis où vous ferez du bien sans être remercié. Enfin, fatigué, la nuit, penché sur un livre de méditation, ayant trouvé la pauvreté, la paix, le désert – ce désert qui n’est pas tant l’absence de monde que l’absence d’un monde qui vous comprend et qui vous flatte – vous découvrirez l’occasion de vous dépenser que vous rêvez. Se dépenser, c’est se donner pour rien.» Offrir ce rien à Jésus, c’est jeter des âmes dans le Ciel, à l’infini.


Bienheureux Maurice apprends-nous à tout donner, à nous donner sans attendre d’autre reconnaissance que la joie d’accompagner les plus perdus vers Jésus le plus haut Sommet. Seigneur Jésus, nous te rendons grâce, par ta mort et ta résurection Tu nous racheté et Tu nous a donné la liberté des enfants de Dieu. Ne permets pas que nous nous laissions asservir par les idoles de ce monde, seul ton regard d’amour, posé sur nous, peut nous donner la paix du cœur, la joie profonde. Que notre vie te rende grâce, amen. Je vous salue Marie...

Première messe


Maurice Tornay exhorte le peuple de Dieu le jour de sa première messe, Siao Weisi, 7 juillet 1938.

Jour 21

De 1938 à 1945, Maurice est nommé au probatoire (école et petit séminaire) de Weisi, transféré en 1939à Houa-Loupa - à deux heures de marche – le temps de construire la maison. «Mon école n’est pas encore finie. C’est une magnifique maison. Charpente de bois et murs de terre, deux étages (plutôt un) et galetas. Galetas : dortoir ; étage : ma chambre, chapelle ; rez-de-chaussée : salles de classe. Plus tard, seulement, j’aurai une cure et une église. Des chrétiens, j’en ai déjà 39; les autres viendront. Santé, excellente ; travail assuré ; position magnifique…» (Weisi, 30octobre 1938)


Aujourd’hui, cette phrase est offerte à notre méditation : «Mettez votre cœur là où est votre bonheur : dans l’espoir du ciel» Jésus est le fondement de l’Espérance chrétienne puisqu’Il nous a promis qu’Il allait nous préparer une place au ciel. (Jn 14, 1-4). Ainsi donc, ne nous focalisons pas sur les choses terrestres, ne nous laissons pas étouffer par les soucis du monde, mais élevons nos regards vers les lieux célestes. Attachons-nous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre. (Col 3, 1-2)


Confions à l’intercession du Bx Maurice Tornay les personnes étouffées par les soucis du monde. Que la promesse du Christ Jésus vienne les habiter tout au long de leurs parcours terrestres. Je vous salue Marie...

Probatoire en construction


Le probatoire en construction (1938).

Jour 22

«Mon cher Louis… J’ai 39 élèves mi-chinois, mi-tibétains. Je leur apprends tout, depuis la façon de se laver, de s’habiller, jusqu’à la façon de se mettre à genoux et de prier. Les pauvres ! Ils sont plein de poux, de punaises et de puces, et, Dieu sait, si j’en attrape pas quelque fois, moi aussi… J’ai un démon à combattre : la paresse de mes élèves et, aussi, un peu la mienne… Prie Dieu de ne me laisser jamais décourager. Que d’épines à tailler. Que de ronces à déraciner ! Le travail de l’Église oui, ça c’est du beau travail.» (Weisi, 30 octobre 1938)


«Je croyais avoir tout quitté, or tout m’a été rendu.» Le bhx Maurice a tout donné au Christ Jésus. Son don absolu, sans retour, sa générosité authentique sont une réponse aux dons que Dieu lui a faits. Maurice a expérimenté dans sa vie, pour le moins peu banale, que tout donner est récompensé par le Christ Jésus qui rend au centuple !


Le Christ Jésus a livré son corps, versé son sang, donné sa vie-même pour nous sauver. Que par l’intercession du bhx Maurice Tornay nous sachions à notre tour, avec bienveillance, tout au long de notre vie, aimer les uns et les autres, partager nos ressources, donner généreusement dans l’engagement social. Je vous salue Marie...

Classe du Bienheureux


Classe du bhx Maurice, avec un singe de passage au premier plan.

Jour 23

«Chers parents, frères et sœurs, neveux et nièces, qu’êtes-vous devenus dans l’orage ? Depuis longtemps, je n’entends plus vos voix. La dernière lettre d’Anna est de 1939 ; la dernière de Louis, de mai 1940. Dès lors silence. Papa, maman et tante ? M’est-il permis de les croire assis près d’un bon feu ou bien, me faut-il penser à quelques-uns d’entre vous agenouillés, en noir, dans le cimetière que je connais, sur une tombe fraîche ?» (Yerkalo, 3 janvier 1946). Long silence de la guerre. La mission, isolée, n’a plus reçu d’aide. Il a même fallu fermer le probatoire par impossibilité de nourrir les enfants.


«Soyons heureux ; et puisque la terre ne nous suffit pas, regardons le ciel.» Le bonheur est une aspiration vers laquelle chacun tend. Dieu est infiniment bon et il veut notre bonheur. Saint Augustin le confirme, «tout le monde veut une vie heureuse, personne au monde pourrait la refuser». Dans son injonction, le bhx Maurice Tornay nous dit que le bonheur est en Dieu et nulle autre part ailleurs.


Que par l’intercession du bhx Maurice Tornay nous sachions élever notre aspiration au bonheur terrestre par une aspiration ascensionnelle au bonheur éternel qui est en Dieu. Je vous salue Marie...

Messe


Messe célébrée par le Père Tornay; Che Kuan Yong (1925-2000) élève du probatoire est servant de messe. Il sera ordonné prêtre en 1987.

Jour 24

Le 16 février 1945, le curé de Yerkalo Emile Burdin, 36 ans, prêtre des missions étrangères de Paris, meurt de la fièvre typhoïde, assisté par le chanoine Angelin Lovey, qui le soignait. En mars, Maurice Tornay lui succède : «Quant à moi, je suis le curé le plus original du monde : ma paroisse est plus grande que la France, mais elle ne comprend que 2 millions de paroissiens ; et parmi ces 2 millions, 200 environ font leurs Pâques… Je suis le seul missionnaire toléré ici… Mon plus proche voisin blanc, d’un côté est à huit jours de marche, de l’autre à 30» (Yerkalo, 3 janvier 1946). Il est curé de la seule paroisse du Tibet.


«Il est toujours temps pour faire du bien.» Attiré par l’amour infini du Père, le bhx Maurice Tornay a livré toute sa personne, toute son existence pour accomplir des actes d’amour en tous temps. Que ce soit au Probatoire avec les jeunes qu’il guidait, ou à Yerkalo avec ses paroissiens qu’il conduisait, tous ses actes étaient orientés vers le bien et imprégnés de l’amour du Christ Jésus.


Que par l’intercession du bhx Maurice Tornay nous sachions à notre tour, sans nous laisser gagner par le découragement, «faire du bien à tout le monde» (Ga 6, 9-10), car aimer est une marque visible de notre foi. Je vous salue Marie...

Avec le Père Lovey


Les Pères Tornay et Lovey en mission.

Jour 25

Curé de Yerkalo depuis mars 1945, Maurice fait face à la persécution. Le lama Gun Akhio, chef local a décidé de le chasser et envoie parfois des hommes pour l’intimider et le sommer de partir. L’évêque demande à Maurice de tenir jusqu’à la dernière limite, mais de céder à la violence. Nouvelles menaces pour que l’étranger parte. Maurice reste serein mais ferme. Il reste ! Le vieux catéchiste Louka ayant déclaré que lui et sa femme suivraient le Père partout où il irait, fut attaché tout un jour à une colonne, maltraité, injurié, menacé de mort et enfin puni d’amende, puis détaché sous caution.


«Le tout est de commencer toujours, et de ne jamais se décourager.»
Sans nul doute la persévérance marquait le caractère, l’engagement du bhx Maurice Tornay. Doublée de l’Espérance chrétienne, jamais, malgré les vents contraires, malgré les oppositions, malgré les menaces, il ne s’est découragé.


Qu’à l’intercession du bhx Maurice Tornay la force de son engagement et de sa persévérance habitent tous les chrétiens, particulièrement ceux qui subissent des pressions et qui sont discriminés à cause de leur foi. Je vous salue Marie...

Portrait


Portrait de Maurice Tornay.

Jour 26

C’est le 26 janvier 1946, en présence de Gun Akhio et de ses hommes, une quarantaine de fusils braqués sur lui que Maurice accepte de quitter sa paroisse, les mains vides. A qui lui reprochait quasiment de n’avoir pas emporté la plupart des vases sacrés et une relique de la vraie croix , avec son diplôme d’authenticité, Maurice répondit : «écoutez, ce que nous avons de plus précieux à Yerkalo, ce sont les âmes ! Du moment que je ne pouvais pas les emmener, le reste comptait peu. Et le Bon Dieu, qu’il se débrouille ! Après tout c’est son affaire !»


«Perdre tout s’il le faut, mais pas la joie.» Le bhx Maurice Tornay a tout donné au Christ Jésus dès sa première jeunesse, tout au long de ses études et par la suite dans les Marches Tibétaines. Accablé, courbé sous le poids du fardeau, des échecs, des soucis pour ses ouailles, il a toujours confié sa tristesse humaine en l’Eternel Dieu qui change la tristesse en allégresse. (Cf. 1 Th 5, 16)


Qu’à l’intercession du bhx Maurice Tornay tous les chrétiens sachent découvrir la Puissance du Sauveur de l’humanité toute entière et ainsi leur tristesse se changera en joie. (Jn 16, 20) Je vous salue Marie...

Sur les routes


Sur les routes, en train de manger avec le Père Lovey et des caravaniers locaux.

Jour 27

«Les lamas de Kanda ordonnent de nouveau aux chrétiens d’apostasier, leur défendant de pratiquer, défendant à Lucas (Louka le catéchiste) de prêcher. Les chrétiens devront faire les fermiers de Kanda ou bien foutre le camp. Et ils m’écrivent, en offrant une messe, qu’ils sont prêts, si la vie autrement est impossible, à apostasier en bloc, me priant de transmettre leur lettre au P. Goré et à l’évêque. Ils commencent à être énervés. Et la politique des lamas réussit, une fois de plus,… pour décourager les uns et les autres.» (Pamé, 28 mai 1946)


«Moi-même, plus que jamais, j’ai besoin de conversion.» Nul doute que la foi chrétienne habitait le bhx Maurice. Enfant déjà il interpellait sa maman sur la vocation de prêtre. De sa correspondance écrite durant ses études gymnasiales ressortait une âme habitée par l’Esprit de Dieu. Malgré la solide éducation chrétienne reçue, son parcours sous le regard de Dieu, sa vocation de religieux, le bhx sentait en lui le besoin de se convertir, c’est-à-dire de se repentir, de se tourner toujours plus vers Dieu.


Qu’à l’intercession du bhx Maurice Tornay les chrétiens sachent se repentir, se transformer, changer radicalement de direction dans une démarche continuelle, se laisser séduire et se retourner sans cesse vers Dieu, vers sa loi d’amour. Je vous salue Marie...

Le calvaire


Le calvaire, une des images de première messe du Père Tornay.

Jour 28

«Mon très cher Mr Lovey, (…) J’ai formé, depuis longtemps, le projet d’aller à Lhasa, projet un peu fou. Mais dans le monde où nous sommes, vaut-il la peine d’être raisonnable ? Les moyens raisonnables n’ont pas abouti ; peut-être que les fous aboutiront. » (Pamé, 2 août 1946) Le projet est lancé. Maurice plaide en faveur de ses paroissiens et va rencontrer successivement l’internonce ainsi que les autorités consulaires en 1947 et 1948, dont le représentant de la Suisse auprès de la Chine, à Nankin, mais sans résultat.


«Le salut des uns ne s’obtient que par la croix des autres.» Affirmation surprenante et presque choquante ! Nous sommes si souvent remplis de l'idée que chacun répond pour lui-même. Ce qui n'est pas faux, mais reste tristement incomplet. Il y a une vérité bien plus profonde, et admirablement lumineuse, selon laquelle La Croix que j'accueille et que je porte avec le Christ, est source de salut non seulement pour moi mais aussi pour les autres. Au point même - extrême - où, dans la croix du Christ, le bourreau est sauvé par sa victime, le méchant par l’innocent. L'ont attesté Maximilien Kolbe, Edith Stein, et tant d’autres immenses témoins, au rang desquels Maurice trouve sa place.


Qu’à la prière du bhx Maurice Tornay, fais Seigneur que tes enfants témoignent en notre temps de la Croix du Christ, comme d'une source divine, ouverte à tous, inépuisable, source infinie de pardon et qu’ils proclament par toute leur vie la victoire de la Miséricorde sur toutes les formes du mal. Je vous salue Marie...

Herny de Torrenté


M Henry de Torrenté, ministre de la légation Suisse en Chine de 1946 à 1949.

Jour 29

Les persécutions augmentant à Yerkalo, Maurice organise un voyage de 34 étapes qui doit le conduire à Lhassa, capitale du Tibet. Il veut y rencontrer le Dalaï-Lama pour plaider la cause des chrétiens de sa paroisse. Dans la paroisse, la liberté de culte est autorisée depuis 1865 dans les papiers officiels. Gun-Akhio le persécuteur le sait aussi, alors Maurice fait tous les préparatifs en secret. Le 10 juillet 1949, Maurice se joint avec son serviteur Doci (Dominique) et deux autres chrétiens à une caravane en partance pour Lhassa.


«Tout par la Croix ; en dehors d’elle, rien !» La Croix c’est le signe de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ notre Seigneur, amour que rien ne pourra briser. (Rm 8, 39) C’est par la Croix que le Salut nous est offert, la communion complète avec l’amour infini de Dieu. Le bhx Maurice Tornay à travers cette citation nous invite à rechercher le Salut, la communion parfaite avec Dieu, tout le reste étant secondaire.


Qu’à l’intercession du bhx Maurice La Croix du Christ attire le regard des chrétiens car elle est source de notre Salut, source de l’unique Vérité et de la vie éternelle. Je vous salue Marie...

Départ


Départ de la caravane.

Jour 30

27 juillet 1949, à la 17e étape, Maurice est arrêté avec Doci, contraint de rebrousser chemin sous escorte. Un témoin raconte le 11 août : «On marche depuis près d’une heure lorsqu’à l’improviste, quatre lamas surgissent de la broussaille avec leurs fusils braqués sur les voyageurs. Le Père Tornay s’écrie : «Ne tirez pas ! on peut palabrer.» Un coup de feu retentit. Doci s’effondre… Le Père Tornay tombe à genoux et donne sa bénédiction à Doci. Les coups de fusil crépitent. Notre vaillant missionnaire est atteint par plusieurs balles. Il s’écroule…»


«Je te souhaite la joie de ceux qui servent Dieu.» écrivait Maurice. «J’ai cherché l’Eternel et Il m’a répondu ; Il m’a délivré de toutes mes frayeurs. Quand on tourne vers lui les regards, on est rayonnant de joie.» (Ps 34, 5-6). A tous les siens, ses parents, ses frères et sœurs, dans ses lettres le bhx Maurice Tornay partageait la joie qui l’habitait lui qui était tout tourné vers Dieu. Par amour, par charité il apportait et souhaitait la joie à tous ceux qu’il rencontrait et à tous ceux à qui il écrivait.


Qu’à l’intercession du bhx Maurice Tornay la joie véritable, fruit de l’Esprit-Saint (cf. Ga 5,22) qui se cultive personnellement comme l’on prend soin de son jardin, année après année et qui procède de l’action de Dieu en nous, brûle nos cœurs et nous ouvre aux autres. Je vous salue Marie...

Composition contemporaine


Composition contemporaine d’une jeune de Martigny.

Jour 31

«Frères et sœurs, implorons l’Esprit Saint. L’Église et le monde ont besoin de familles qui, comme la famille Tornay, soient des creusets où les parents transmettent à leurs enfants les appels du Christ à la vie chrétienne, sacerdotale ou religieuse. Rendons grâce pour les germes d’espérance dans la terre d’Asie. La mission et la passion du Père Tornay, et de ses prédécesseurs des Missions étrangères de Paris et des Chanoines du Grand Saint–Bernard, portent des fruits, silencieusement, dans la lente maturation…» (16 mai 1993, place Saint-Pierre de Rome, homélie de béatification du serviteur de Dieu Maurice Tornay).


Maurice nous laisse avec ce dernier message : «Convertir est l’œuvre de Dieu seul.»
«La vraie conversion consiste à ouvrir la porte au Seigneur, en dépassant les égoïsmes, l’hypocrisie, le mensonge.» nous rappelle le Pape François. Le chrétien doit croire que Dieu est à l’œuvre en nous, que c’est Lui qui nous donne un cœur nouveau.


Qu’à l’intercession du bhx Maurice Tornay nous laissions la foi, don de Dieu, pénétrer nos cœurs, convertir et nourrir nos paroles, nos pensées et toutes nos actions bien au-delà de ce mois missionnaire extraordinaire voulu et proposé par notre pape François. Je vous salue Marie...


Maurice nous invite à sa table, il n’est pas encore habile avec les baguettes, il mange à la cuiller à soupe et me dit : avance, va jusqu’au bout, vis l’amour héroïquement.